Éditions STOCK

Éléments de sociologie religieuse [1935], 1997, 206 p.

    Les Éléments de sociologie religieuse,publiés en 1935 chez Armand Colin, marquent un tournant dans la pensée de Roger Bastide : avec cet ouvrage, il abandonne la philosophie - sa formation initiale - pour se tourner vers la sociologie.
    Après avoir constaté l'intérêt suscité par les phénomènes religieux auprès des sociologues du monde entier, il comprend en effet la nécessité de poser les bases d'une sociologie religieuse, afin de délimiter le champ de ces recherches et d'éviter ainsi les hypothèses aventureuses ou arbitraires.
    Dans ce livre, Roger Bastide étudie les principaux éléments sociaux de la vie religieuse - représentations collectives, tabous, rites et églises - puis examine les différents systèmes religieux dans le monde et leur rapport avec l'ensemble de la vie sociale.
    C'est grâce à cette grille d'analyse du fait religieux qu'il abordera, quelques années plus tard les religions afro-brésiliennes et les phénomènes d'acculturation.

Anthropologie appliquée [1971], 1998, 250 p.

 
   L'Homme a soumis à son pouvoir les forces de la nature, mais il n'est pas encore arrivé à contrôler les forces sociales, à maîtriser le changement et à le planifier selon les lois de sa raison. L'anthropologie appliquée, qui se veut scientifique, s'est donné justement pour tâche cet élargissement du pouvoir de l'Homme, de la nature physique à la nature sociale. De là son importance actuelle. Roger Bastide étudie dans ce livre les postulats de cette anthropologie appliquée, ses limites et ses méthodes d'action.

Le sacré sauvage [1974], 1997, 232 p.

 
    Roger Bastide (1898-1974) a été professeur de sociologie à São Paulo puis à la Sorbonne. Ses recherches ont porté sur les religions afro-brésiliennes qu'il a observées à travers le Brésil, principalement à São Paulo et à Bahia. Le sacré sauvage est son dernier ouvrage, mis au point avec l'aide d'Henri Desroche, et qui reprend des articles publiés entre 1931 et 1973. Il y part à la recherche des "récurrences" du sacré, dans le rêve, les mythes, la prière, le millénarisme et le candomblé de Bahia. Selon lui, l'Homme est une "machine à fabriquer des dieux" qui, lorsque le sacré devient trop "froid" dans l'institution des Églises, recrée du sacré "chaud", appelé "sacré sauvage" dans le dernier chapitre qui donne son titre au livre et en constitue le point d'orgue.
    Un ouvrage profond, ultime qui, après Rudolf Otto, Roger Caillois et Mircea Eliade, propose une réflexion fondamentale sur le sens du sacré.